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L'Allemagne décidera-t-elle de sauter les prochaines élections ?

JOHN THYS/AFP via Getty Images

L'Allemagne décidera-t-elle de sauter les prochaines élections ?

« En temps de crise, les élites allemandes pourraient décider qu'elles n'ont pas le temps de nommer quelqu'un de manière démocratique. Elles pourraient intervenir pour choisir un dirigeant rapidement. »

Le chancelier allemand Olaf Scholz a perdu un vote de censure au parlement le 16 décembre. Le président allemand Frank-Walter Steinmeier devrait dissoudre le parlement, permettant ainsi la tenue de nouvelles élections le 23 février. Mais il pourrait y avoir des surprises.

Dans un premier temps, les élections étaient prévues pour le mois de septembre. Après que Scholz a perdu le soutien de l'un de ses partenaires de coalition, le Parti libéral-démocrate (FDP), il espérait organiser de nouvelles élections en mars, mais a été contraint de le faire plus tôt. Dans « Après la victoire de Trump, surveillez l'Allemagne », le rédacteur en chef de la Trompette, Gerald Flurry, a écrit :

De nombreux Allemands souhaitaient que de nouvelles élections aient lieu le plus rapidement possible. En guise de compromis, Scholz les a avancés au 23 février.

Pourtant, même ces élections semblent peu susceptibles de résoudre la crise de leadership que connait l'Allemagne. Les sondages suggèrent qu'elles ne produiront qu'un autre gouvernement faible et divisé.

Il y a un grand vide au niveau du leadership. Les Allemands savent que des mesures inhabituelles doivent être prises rapidement ! On voit cela dans les résultats des dernières élections, avec la montée en puissance de partis marginaux comme l'Alternative für Deutschland. Les électeurs se montrent disposés à accepter des politiques hors du commun. Ils réclament un leader fort ! […]

Je pense que ces événements récents conduiront à l'installation d'un dirigeant fort très prochainement.

Pour l'instant, le processus ordinaire ne semble pas prometteur.

Une fois que M. Scholz a perdu le vote, le président Steinmeier disposait de 21 jours pour dissoudre le parlement. Dans le cas d'une dissolution du parlement, de nouvelles élections doivent avoir lieu dans les 60 jours. Sur la base de ce calendrier, M. Steinmeier devrait prendre une décision le 27 décembre au plus tôt.

Si tout se passe comme prévu, M. Scholz restera chancelier jusqu'à ce qu'un nouveau soit trouvé. Cela pourrait prendre beaucoup de temps, car les sondages actuels indiquent que les coalitions traditionnelles risquent de ne pas atteindre la majorité.

Mais des scénarios hors du commun sont toujours possibles.

M. Steinmeier pourrait décider de ne pas dissoudre le parlement, fermant ainsi la porte à des élections anticipées. Bien que cela soit peu probable, il pourrait décider que l'Allemagne ne peut pas prendre le risque de tenir une campagne électorale à l'issue incertaine en raison des défis géopolitiques actuels.

Si M. Steinmeier ne dissout pas le parlement, M. Scholz pourrait rester chancelier jusqu'aux élections préveus en septembre. Mais comme il a déjà perdu sa majorité au parlement, il serait dépourvu d'un réel pouvoir.

Toutefois, le parlement pourrait évincer Scholz et nommer un nouveau chancelier immédiatement, sans nouvelles élections. Le site internet du Bundestag explique :

En outre, le chancelier fédéral ne peut être démis de ses fonctions que par le Parlement, par le biais d'une motion de censure constructive. Dans le même temps, il doit élire un successeur à la majorité de ses membres, en demandant au président fédéral de révoquer le chancelier fédéral actuel et de nommer le candidat nouvellement élu. Le président fédéral doit se conformer à cette demande.

M. Scholz a déjà perdu la confiance du Parlement, mais ce dernier doit encore se mettre d'accord sur un successeur. L'homme le plus susceptible de remporter une majorité est Friedrich Merz, qui souhaite se présenter aux prochaines élections pour l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et l'Union chrétienne-sociale (CSU).

Il y a une façon dont l'Allemagne pourrait le faire. Lors des dernières élections en 2021, les sociaux-démocrates (SPD) ont à peine battu la CDU et la CSU, avec 25,7 pour cent contre 24,2 pour cent. Cela signifie que ces partis pourraient former un gouvernement de coalition, soit l'un avec l'autre, soit avec deux partenaires de second rang. Par exemple, le SPD de Scholz a formé un gouvernement avec les Verts et le FDP. Maintenant que cela a échoué, Merz pourrait tenter sa chance, même s'il ne s'est pas présenté comme candidat à la chancellerie lors des dernières élections.

Quelques jours après l'effondrement de la coalition au début du mois de novembre, le réseau de radiodiffusion allemand ARD a interrogé M. Merz sur cette option. « Compte tenu de l'état actuel des choses, ce n'est pas une option », a répondu M. Merz. « Je ne sais pas ce qui se passera dans quatre semaines. »

Le Deutschland-Kurier, affilié au parti de droite Alternative für Deutschland, a écrit :

La capitale bruisse de rumeurs.

En coulisses de la capitale, on spécule sur un éventuel coup d'État constitutionnel de la part du chancelier potentiel issu de l'Union. Voici ce à quoi cela pourrait ressembler :

Une coalition belliciste dite « Taurus » composée de la CDU et de la CSU, des Verts et du FDP élit Friedrich Merz (CDU) à la tête du gouvernement avant les nouvelles élections prévues. L'article 67 de la Loi fondamentale (motion de censure constructive) fournit les moyens de le faire.

Pourquoi ? L'Allemagne a besoin d'un gouvernement capable d'agir immédiatement après l'investiture du nouveau président des États-Unis Donald Trump le 20 janvier !

Ces rumeurs pourraient bien être exagérées. Mais compte tenu de la situation précaire dans laquelle se trouve l'Allemagne, tout peut arriver. Comme l'a écrit M. Flurry :

Nous devons vraiment surveiller la situation ! Je pense qu'une prophétie dont nous avons discuté pendant près d'un siècle est sur le point de s'accomplir, une prophétie de laquelle nous parlons depuis que feu Herbert W. Armstrong a commencé à écrire et à diffuser au début des années 1930 ! […]

Les prophéties bibliques annoncent l'apparition prochaine d'un homme fort européen.

M. Flurry a expliqué que le livre de Daniel s'adresse à notre époque. Daniel 11 : 21 dit : « Un homme méprisé prendra sa place, sans être revêtu de la dignité royale ; il paraîtra au milieu de la paix, et s'emparera du royaume par l'intrigue. » Cela indique qu'un dirigeant arrivera au pouvoir d'une manière inhabituelle. M. Flurry a fait remarquer :

Comment cela peut-elle se produire dans les nations sophistiquées d'Europe ?

Dans une émission de la Clef de David en 2009, j'ai dit que ce leader pourrait peut-être « profiter d'une coalition faible ». C'est exactement ce à quoi l'Allemagne est confrontée.

En 2002, j'ai également dit qu'il prendrait le pouvoir de manière déshonorable, non pas par un vote mais par un processus détourné, en utilisant son charme et en se donnant l'air d'un « ange de lumière ». Nous avons assisté à quelque chose de similaire avec la façon dont Kamala Harris a été choisie comme candidate démocrate à la présidence. Il n'y a pas eu de primaires du parti démocrate, ni de procédure normale de vote. Le cycle électoral prolongé et la faible coalition de l'Allemagne pourraient-ils conduire à une situation similaire ? Il est d'ores et déjà urgent de trouver un dirigeant fort. En temps de crise, les élites allemandes pourraient décider qu'elles n'ont pas le temps de nommer quelqu'un de manière démocratique. Elles pourraient intervenir pour choisir un dirigeant rapidement. Or, cet homme détournera l'ensemble de l'alliance, et l'issue sera très différente de ce que veulent beaucoup de gens.

L'élite allemande pourrait sauter les prochaines élections et décider qu'« il n'y a pas le temps de nommer quelqu'un de manière démocratique ». Mais comme l'a souligné M. Flurry, cela ne résoudra pas le problème de leadership au niveau européen. Quelqu'un devra prendre en charge l'ensemble de l'alliance européenne. Ces prophéties sont expliquées en détail dans « Après la victoire de Trump, surveillez l'Allemagne » (bientôt disponible en français).