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Gaza : le jour d'après
Les ruines de ce qui était autrefois des immeubles d'habitation bordent les rues. Des pilleurs fouillent les débris. Le sol est cratérisé comme un paysage lunaire. Des milliers de personnes font la queue pour obtenir de la nourriture.
Voici Gaza aujourd'hui, après avoir subi les représailles de l'attaque barbare du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Israël a envahi le territoire, réalisant des progrès impressionnants en détruisant la quasi-totalité des unités paramilitaires du Hamas, en tuant le chef du Hamas et le cerveau du 7 octobre, Yahya Sinwar, et en démantelant le réseau de tunnels et d'autres infrastructures terroristes de la bande de Gaza. Il a mené avec succès et rapidité une guerre extrêmement difficile.
Aujourd'hui, cependant, il se préoccupe de ce qu'il convient de faire après la catastrophe. Quel est le plan d'après-guerre du Premier ministre Benjamin Netanyahou pour Gaza ?
M. Netanyahou a exposé sa vision devant le Congrès des États-Unis le 24 juillet 2024. « Une nouvelle génération de Palestiniens ne doit plus apprendre à haïr les Juifs, mais plutôt à vivre en paix avec nous », a-t-il déclaré. « Après notre victoire, avec l'aide des partenaires régionaux, la démilitarisation et la déradicalisation de Gaza peuvent également conduire à un avenir de sécurité, de prospérité et de paix. C'est ma vision pour Gaza. »
Les « partenaires régionaux » sont les pays arabes dits modérés qui ont signé des traités de paix avec Israël ces dernières années : les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc. M. Netanyahou sollicite leur aide pour un objectif qui va bien au-delà de la bande de Gaza.
« L'Amérique et Israël peuvent aujourd'hui forger une alliance de sécurité au Moyen-Orient pour contrer la menace iranienne croissante », a-t-il déclaré. « Tous les pays qui sont en paix avec Israël et tous les pays qui feront la paix avec Israël devraient être invités à rejoindre cette alliance. »
L'Iran est la puissance qui se cache derrière le Hamas, le Hezbollah et pratiquement toutes les autres menaces majeures contre Israël. L'Iran cherche également à dominer le monde arabe. Cette crainte commune de l'Iran a conduit ces États arabes, dont le Bahreïn, le Soudan et le Maroc, à adhérer aux traités de paix « les accords d'Abraham » d'Israël.
Parmi les signataires des accords d'Abraham, les Émirats arabes unis ont remporté la palme. Ils possèdent l'une des plus grandes économies du Moyen-Orient et l'une des armées les plus avancées. Sa guerre contre les Houthis du Yémen de 2015 à 2019 montre qu'ils n'ont pas peur de combattre les mandataires iraniens. M. Netanyahou et Israël considèrent les Émirats arabes unis comme un partenaire naturel. Dans son autobiographie, M. Netanyahou a déclaré que le président Mohammed bin Zayed était « un dirigeant astucieux et visionnaire » avec lequel il pourrait s'allier contre l'Iran.
Les relations entre Israël et les Émirats arabes unis se sont considérablement resserrées depuis 2020. Les deux pays ont mené des exercices militaires conjoints et leurs échanges commerciaux ont atteint des milliards de dollars. Tout au long de la guerre entre Israël et le Hamas, M. Zayed a maintenu son ambassade à Tel-Aviv et est le seul État arabe à accueillir encore un ambassadeur israélien. Contrairement aux autres compagnies aériennes arabes, les compagnies Emirates et Etihad des Émirats arabes unis continuent de desservir Tel Aviv à partir de Dubaï et d'Abou Dhabi. Lors du tir de barrage de missiles de l'Iran contre Israël en avril dernier, les Émirats arabes unis auraient partagé des renseignements avec Israël. Alors que d'autres nations arabes prennent leurs distances avec Israël, M. Zayed maintient ses liens à la fois étroits et publics.
Le 17 juillet 2024, le Financial Times a publié un article de la diplomate des Émirats arabes unis Lana Nusseibeh. Il a essentiellement servi à annoncer la vision des Émirats arabes unis pour la bande de Gaza d'après-guerre. Les Émirats arabes unis sont prêts à aider Israël à reconstruire Gaza, déclara Mme Nusseibeh. Elle appela à « une mission internationale temporaire qui réponde à la crise humanitaire, établisse la loi et l'ordre, jette les bases de la gouvernance et pave la voie à la réunification de Gaza et de la Cisjordanie occupée sous l'égide d'une seule et légitime Autorité palestinienne. » Elle s'attendait à ce que cela mène à la création d'un État palestinien et indiquait que les Émirats arabes unis aideraient à faciliter cela.
Les Palestiniens ont rejeté le plan des Émirats arabes unis. Six jours après la présentation du plan dans le Financial Times, 14 factions palestiniennes, dont le Fatah et le Hamas, signèrent une déclaration d'unité sous la médiation du gouvernement chinois à Pékin. Cet accord est censé conduire à un « gouvernement d'unité nationale » sur Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem. En novembre, le Fatah et le Hamas étaient toujours en négociation. Les analystes interprètent cela comme le rejet par le Fatah du plan des Émirats Arabes Unis. Le Fatah et le Hamas sont des rivaux acharnés ; il n'y aurait aucune raison de négocier si le Fatah n'estimait pas que le plan était susceptible de se réaliser et d'exclure l'Autorité palestinienne. À l'heure où nous écrivons ces lignes, rien n'est officiel. Mais même le fait de parler publiquement de la participation des Émirats arabes unis à la reconstruction de Gaza est monumental.
Il existe de nombreuses raisons pour lesquelles un dirigeant arabe rejetterait les approches d'Israël. Le président égyptien Anouar el-Sadate a été assassiné pour avoir agi de la sorte. Pourtant, M. Zayed n'a visiblement pas peur. Netanyahu lui fait manifestement confiance. Quoi qu'il arrive avec Gaza dans les mois à venir, cela impliquera très probablement les É.A.U. Apparemment, Israël fait suffisamment confiance à l'État du Golfe pour lui permettre d'être physiquement présent dans les territoires palestiniens.
Cette confiance pourrait-elle être malavisée ?
« Nous voulons tous la paix, » écrivit le rédacteur en chef de la Trompette, Gerald Flurry, dans « Deadly Flaw in Mideast Peace Deals » [Défaut mortel dans les accords de paix au Moyen-Orient] à propos des accords d'Abraham. « Mais malheureusement, ces récents pactes de paix ont un défaut mortel. La prophétie biblique nous donne une idée précise de ces accords. Cela prédit en réalité que des Arabes modérés s'uniront, un peu comme nous le voyons actuellement. Mais il est prophétisé qu'ils ne coopéreront pas avec les États-Unis ou Israël ! » (Trumpet, janvier 2021).
M. Flurry faisait référence au psaume 83, lequel décrit une alliance au Moyen-Orient dont le but est « qu'on ne se souvienne plus du nom d'Israël ! » (verset 5 version Louis Segond). Le verset 4 montre que cette alliance est le fruit de « projets pleins de ruse ». Parmi les peuples de cette alliance se trouvent les « Ismaélites », qui sont l'Arabie saoudite et les États du Golfe, y compris les Émirats arabes unis, ainsi que les « Philistins », ou Palestiniens. L'Assyrie, quant à elle, est l'Allemagne. Une autre prophétie dans Daniel 11 : 40 montre que l'Allemagne et ses partenaires s'allient contre l'Iran, le « roi du sud » prophétique (demandez la brochure gratuite de M. Flurry, Le roi du sud).
Beaucoup de choses doivent encore se passer avant que cette alliance ne se forme complètement. Mais sa formation est déjà bien avancée et inclut probablement les manœuvres actuelles des Émirats arabes unis. Les Émirats arabes unis sont un acteur de premier plan dans le monde arabe. Ils disposent d'une armée compétente, en particulier pour sa taille, et de plus d'argent liquide que la plupart des autres États arabes ; suffisamment pour s'engager dans la construction d'une nation s'il le souhaite.
Sous le régime du Hamas, il était peu probable que Gaza change d'allégeance, passant de l'Iran à l'Allemagne. Mais aujourd'hui, Israël supplie presque les Émirats arabes unis d'intervenir et de reconstruire la bande de Gaza à partir de rien. Si cela se produit, le nouveau gouvernement de Gaza serait redevable aux Émirats arabes unis. Il dépendrait également entièrement d'un parrainage extérieur, que l'Europe et les États du Golfe peuvent fournir. Gaza deviendrait ainsi un gouvernement fantoche de l'Europe et des Émirats arabes unis.
Ce n'est pas la seule façon dont les choses pourraient se dérouler. Mais elles semblent s'orienter dans cette direction. Ceci est particulièrement fascinant lorsque l'on comprend la mystérieuse prophétie du psaume 83.
Daniel 11 : 41 montre que l'Allemagne, sous le nom prophétique de « roi du nord », entrera « dans le plus beau des pays » — la Terre sainte, ou l'État d'Israël. Le mot « entrer » suggère une entrée pacifique. « L'indication ici est qu'Israël invitera réellement les Allemands à entrer parce qu'il croit qu'il a déjà la paix avec eux », écrivit M. Flurry.
« Les accords de paix actuels entre Israël et les États arabes créent ce sentiment de sécurité. Mais Israël devrait être plus conscient de l'histoire et de la prophétie ! Ce qui attend les Juifs aux mains de cette alliance euro-arabe est l'une des trahisons les plus perfides de l'histoire ! » (ibid).
C'est donc à ses risques et périls qu'Israël invite les Émirats arabes unis à sa porte. Quels que soient les détails de la guerre de Gaza, la Bible affirme que les Palestiniens s'allieront aux Arabes modérés et à l'Europe contre Israël.
Ce sont de mauvaises nouvelles à court terme, mais ces mêmes prophéties indiquent une fin positive. Lisez la suite de la prophétie dans Daniel 12 : 1-2 et vous verrez que Dieu n'abandonnera pas Son peuple. Il le sauvera — dans le contexte d'autres prophéties étonnantes, y compris la venue du Messie et la résurrection des morts ! Si la Bible prophétise l'augmentation des problèmes d'Israël, elle indique également la solution à ces problèmes. Contrairement à tout pacte de paix conçu par l'homme, cette solution est source d'espoir.